Utopia de Thomas More
Thomas More (aussi appelé Thomas Morus) est, entre bien d’autres choses, l’instigateur du courant littéraire utopiste. Utopia est d’ailleurs l’œuvre qui marqua le coup d’envoi de ce genre. De fait, c’est lui-même qui créa le terme « utopia », que l’on connait aujourd’hui sous « utopie » en français. Le roman en lui-même est pour l’essentiel une description d’une civilisation utopiste telle que conçue par More. La fascination typique de son époque pour l’exploration du nouveau continent (le livre fut publié en 1516) l’inspirèrent à situer son récit sur une île du nouveau monde. Il est intéressant de constater que la civilisation fonctionne selon un principe que l’on pourrait qualifier de communisme rudimentaire – la chose peut sembler ironique quand on pense qu’aujourd’hui le communisme, pour l’essentiel déchu, est souvent qualifié d’utopique.
Mécanique de société
Ainsi, les habitants d’Utopia ne connaissent pas la propriété privée et tous les biens y sont partagés. Les repas sont pris en groupes et chaque maison compte au moins une dizaine d’adultes. Les horaires de travail y sont limités à six heures par jours et les temps libres consacrés surtout à des loisirs intellectuels tels que l’apprentissage des lettres ou les échecs. Il existe plusieurs religions sur l’île, mais tous acceptent les divergences chez autrui. Les athées y sont par contre vus d’un mauvais œil : il faut se rappeler le contexte de conservatisme religieux dans lequel a été l’œuvre fut écrite – More lui-même était un fervent catholique et fut d’ailleurs béatifié. Cependant, des éléments assez anticléricaux pour l’époque furent inclus dans l’œuvre : euthanasie, divorce, la prêtrise des femmes et les mariages entre prêtres y sont tous aisés ou à tout le moins socialement acceptés. Il est toujours difficile à ce jour de déterminer pourquoi More y a inclus ces éléments au vus de ses croyances. Quoi qu’il en soit, Utopia reste un classique de la littérature qui ouvrit la voie à un courant littéraire nouveau.
